CHARLES
BAUDELAIRE (France, 1891 - 1867)
LE VIN DU SOLITAIRE,
from "Les fleurs du mal"
Le regard singulier d'une femme
galante
Qui se glisse vers nous comme le rayon blanc
Que la lune onduleuse envoie au lac tremblant,
Quand elle y veut baigner sa beauté nonchalante;
Le dernier sac d'écus dans les doigts d'un joueur;
Un baiser libertin de la maigre Adeline;
Les sons d'une musique énervante et câline,
Semblable au cri lointain de l'humaine douleur,
Tout cela ne vaut pas, ô bouteille profonde,
Les baumes pénétrants que ta panse féconde
Garde au coeur altéré du poète pieux;
Tu lui verses l'espoir, la jeunesse et la vie,
- Et l'orgueil, ce trésor de toute gueuserie,
Qui nous rend triomphants et semblables aux Dieux!
TRANSLATION
THE SOLITARY'S WINE
The singular glance of a courtesan
That glides toward us like a white ray
The undulating moon throws upon a trembling lake,
When she wishes to bath her nonchalant beauty;
The last sack of coins in the hands of a gambler;
A libertine kiss from thin Adeline;
The sounds of an enervating and caressing music,
Like the distant murmur of human sorrow,
None of these, oh profound bottle, equal
The penetrating balm that your fecund belly
Guards for the thirsty heart of the pious poet;
You pour out for him hope, youth, and life,
-- And pride, that beggars' treasure,
Which renders us triumphant and like unto the Gods!